Albums Musique africaine: JACQUES BIZOLLON, fondateur du studio JBZ d'Abidjan

Des années 70 à aujourd’hui, plus de 1300 artistes ont produit leurs albums au studio JBZ. Tous les grands y ont séjourné, d’Oumou Sangaré à Tiken Jah Fakoly en passant par Youssou N’Dour. Tinariwen y a même enregistré sa première K7.

Jacques Bizollon fait venir d’Europe, au début des années 80, le meilleur matériel existant. À cette époque, les artistes ne pouvaient enregistrer qu’à la radio nationale, entre deux émissions, mais pas d’endroit qui leur soit dédié. JBZ devient le lieu de passage obligé en Afrique de l’Ouest. Après 3 décennies de High Life puis de Soul, le funk, l’Afro beat et le disco apparaissent. Avec Fela, Lagos est la capitale de l’Afrobeat. Abidjan, elle, devient dans la fin des années 70 la capitale du funk et de la disco. Le studio naît au cœur de cette explosion. Jacques Bizollon, aidé par Wompy, arrangeur exceptionnel et père de Dj Arafat, le pape du coupé décalé, permet à plusieurs générations d’artistes d’Afrique de l’Ouest d’éclore et de rencontrer le marché de la musique, les médias internationaux. C’est au studio JBZ que fut notamment enregistré Brigadier Sabari, premier album d’ Alpha Blondy. La vie de Jacques Bizollon se confond pratiquement avec celle de la musique africaine moderne.

Jacques Bizollon, ce lyonnais d’origine, a monté le premier studio d’enregistrement à Abidjan en 1982. Le fameux studio JBZ, qui a vu passer plus de 1000 artistes. "Mais, est-ce que les gens reconnaissent ça ? On nous a oubliés. Et c’est dommage ! Les journalistes font des émissions sur la musique des années 70 à 80 et ils ne parlent jamais des pionniers, de ceux qui ont fait l’industrie de la musique. On ne parle que des artistes. Mais pour qu’il y ait un artiste, pour qu’on parle même de la musique ivoirienne aujourd’hui, il a bien fallu de supports. Et les supports, il y a deux personnes, à mon avis, qui en sont les pionnières. Moi, j’ai ouvert mon magasin en 1975 à l’hôtel ivoire. Et en 1982, j’ai ouvert le studio JBZ à la cité rouge dans la rue en face du théâtre de la cité. C’était une villa qui appartenait à un maire. Il y avait Madame Oro, basée à Koumassi, elle avait une unité et pressait les vinyles. C’est 1300 artistes que j’ai dans mon catalogue depuis 1982. Ils sont venus de toutes les parties du continents vinyles." J. Bizollon Son histoire personnelle se confond avec celle de la musique d'Afrique de 70 à aujourd'hui. Il a eu un rôle vital des musiques d'Afrique et des centaines d'artistes ont eu leur première chance avec le studio JB.

Un proverbe de chez nous dit : " Si tu as de la chance de manger le fruit de l'arbre géant dit merci au vent " Pour les artistes d'Afrique et même les États d'Afrique, qui mangent le fruit de cet arbre à succès doivent dire merci à cet arbre "géant" qu'est Jacques Bizollon Il a contribué à l’éclosion de la culture d'Afrique.