Paul Nazca, Special Guest de Francelectro sur Radio G! 01/02

Cette semaine, le célèbre DJ français Paul Nazca s'installe aux platines de Francelectro pour un set spécial d'une heure non stop!!!

A écouter sans faute vendredi 1er février à 21h sur le 101.5fm de Radio G!
... et à lire juste après (interview par Xaric, Francelectro) :

Francelectro : Bonjour Paul, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas? 
Paul Nazca : Je suis un compositeur de musiques électroniques vivant dans les sud-est de la France, issu d’une famille d’agriculteur oléiculteur. J’ai toujours eu un pied dans la terre depuis tout petit mais également une réelle passion pour la musique et en particulier la house et techno de la fin des années 80’ 
Je me suis intéressé début 90 à la technique du mix sur vinyle et quelques temps plus tard à la composition avec de vieilles machines analogiques. Fin 90, le projet avec André Dalcan était de monter un label (Scandium records) pour pouvoir promouvoir notre musique mais aussi celles d’artistes coup de cœur. S’en est suivi une multitude de maxi ep et remix sur Sleaze, Fcom, Bpitch, Kompakt, International deejay Gigolo, Skryptom, Boxer entre autres, albums ainsi que de co prod avec Maxime Dangles sous le pseudo Danzca mais également avec Sébastien Thibaud et d’autres plus dans l’ombre.. 

Francelectro : Comment es tu venu à la musique électronique? 
Paul Nazca : Tout petit j’étais déjà passionné de bonnes musiques qui passaient en radio mais je n’avais pas encore de réelles connaissances. La première accroche fut en 1988, l’un de mes frères faisait tourner une cassette en boucle dans sa voiture. En l’écoutant, de mon tout jeune âge, j’ai eu la sensation de découvrir un son, une ambiance sonore que je n’avais jamais eu l’occasion d’entendre auparavant. C’était une cassette de house music. Après cet électrochoc, j’ai à tout prix voulu en avoir une que je puisse écouter dans ma chambre ! Sur cette fameuse cassette que j’ai encore, il y avait S Express, Mr Lee, Amnesia avec le fameux Loco Ibiza. A cette époque je n’avais pas encore conscience de tout ce qui était en train de se passer avec l’arrivée de la house de Chicago, du Garage et quelques temps plus tard la trance Allemande, le Hardcore, la techno Detroit.. Trois ans plus tard j’étais noyé dans ce bain mais ce qui m’a vraiment marqué c’est la trance venant d’Allemagne avec Marc ou Sven et ensuite la techno avec Laurent et le coté Detroit avec notamment Saunderson. 

Francelectro : Tu as lancé ton label scandium, qui s’est vite fait une place dans les labels de qualités français, quel est pour toi les plus important quand on veut se lancer dans la création de label? 
Paul Nazca : Difficile de dire parce qu’à l’époque tout était bien plus facile. Maintenant, plusieurs nouveaux labels se montent chaque jour dans le monde du coup cette émergence a du positif mais aussi beaucoup de négatif.
Dès le départ, notre philosophie a été de faire les choses correctement. Produire nos sorties en vinyle a toujours été une priorité mais à l’heure actuelle, les ventes sont minimes pour un coût de fabrication très élevé.
Il est bien plus facile de faire du digital mais cette masse fait perdre en qualité. Du coup, la communication a un impact énorme pour espérer être un peu plus en vue et c’est là que tout devient faussé. Pour moi, la communication a pris le pas sur le côté artistique. Si ta musique est moyenne mais que ton réseau de communication est puissant, tu y arriveras mieux qu’en ayant juste de la très bonne musique. Je n’en fais pas une généralité mais ça y joue énormément à notre époque.
Au début de Scandium, nous avions aucune idée de l’impact que nos sorties allaient produire. Les retours étaient essentiellement basés sur notre musique et non sur une image ou communication particulière. Sans forcer, la presse, le public, les artistes aimaient tout simplement notre musique et c’était ça le plus important. Sa diffusion s’est alors faite assez rapidement en ayant ces supports-là.
Si je peux donner un petit ou deux petits conseils c’est d’essayer de se démarquer et de ne pas enchainer trop de sorties. Une moyenne d’un ep tous les deux ou trois mois c’est bien. S’appliquer sur le contenu mais aussi sur le visuel. Scandium par exemple nous aimons le coté épuré, architectural. Ça colle bien au label. Ne pas trop s’enflammer sur divers remixeurs mais plutôt développer un ou des artistes en devenir. Miser sur eux pour créer une team et par la suite imaginer des sorties d’albums mais aussi de dates, showcase label, etc. 

Francelectro : Comment juges tu la scène electro française par rapport aux autres scènes mondiales? 
Paul Nazca : Je pense qu’elle a fait ses preuves et continue à le faire ! La France a toujours eu un fort potentiel d’artistes mais ce n’est pas toujours facile de pouvoir s’exprimer dans ce pays. Malheureusement, certains sont obligés de passer les frontières pour avoir une meilleure reconnaissance de leur travail et pouvoir tourner. 

Francelectro : N’y a-t-il pas un vrai renouveau en France avec Maxime Dangles, P Ben, Madben, ou encore Traumer que l’on voit de plus en plus? 
Paul Nazca : Il y en a bien sûr et heureusement. J’ai toujours été attentif à ce renouveau. Mais ces artistes ne peuvent plus se limiter à faire simplement de la bonne musique. Il faut pousser le truc plus loin en travaillant sur du visuel en live par exemple, de la recherche sonore plus poussée, multiplier les coproductions, toucher à d’autres styles, etc. C’est une bonne chose car ça force ces artistes à sortir de leur zone de confort. 

Francelectro : Qu’ont les anciens comme Laurent Garnier, Jack de Marseille, Oxia ou encore toi pour durer aussi longtemps? 
Paul Nazca : Je pense que la sincérité est ce qui colle le plus aux anciens. Laurent est pour moi comme pour d’autres un vrai modèle de cette philosophie. La musique est un art qui permet de nous exprimer. Il faut l’entretenir et le partager avec des choses simples. Rester humble est une grande qualité surtout dans ce milieu. J’en connais beaucoup qui le sont et je m’entoure de ces personnes pour avancer. Tout va si vite et c’est vrai que pour un jeune qui débarque, c’est difficile de passer à côté de ce qu’on peut voir ou entendre. Le coté star système avec grosse médiatisation, des cachets mirobolants, un rythme de vie digne d’une rock star ! Tout ça peut facilement changer une personne en petit démon et ne voir plus que par le coté show et business du truc. Il faut garder la tête sur les épaules et comme on dit, il y en avait avant nous et en aura après ! 

Francelectro : Comment es-tu venu à la production? Est ce que c’était la suite logique du mixe? 
Paul Nazca : C’est tout à fait ça. Après avoir maitrisé le mix, j’ai voulu comprendre comment cette musique pouvait être créée. A l’époque, ce n’était vraiment pas évident de comprendre le cheminement d’une production. Pas d’internet et les gens qui se trouvaient là étaient plutôt fermés. A force de fouiner sur des magazines de sono et entre autre CODA magazine (bien avant Trax) j’ai pu petit à petit apprendre et comprendre le midi avec l’audio car il y avait une rubrique « home studio » qui permettait de connaître les configurations de certains artistes déjà bien en place. Grâce à ça j’ai pu synchroniser une Tb 303 avec une tr 909 et contrôler un juno 106 avec cubase lite installé sur un atari mega 2. Depuis, mon home studio a bien évolué mais je continue quand même la recherche de ces vieilles bécanes. C’est une passion et c’est vrai que j’ai toujours du mal à travailler sur software. Je suis habitué au touché de la machine. C’est un instrument à part entière ! Une sourie et un contrôleur c’est bien mais ça ne me fera jamais autant vibrer qu’un synthé hyper instable, qui commence à réellement sonner au bout d’une heure de chauffe ! 

Francelectro : Quelles sont tes influences musicales? 
Paul Nazca : Je vais avoir du mal à répondre.. J’aime la musique en général. Je peux écouter quasiment de tout sauf certains styles plus à petite dose mais dans l’ensemble je suis très ouvert. On va dire que Kraftwerk, Moroder, Jmj, m’ont beaucoup inspiré sur le côté du son et de la technique. Après, dans les années 80/90 j’ai écouté du Michael Jackson, Prince, Steeve Wonder et bien d’autres. Cependant, la musique électronique avait largement pris le dessus. Pour la suite, de fin 90 jusqu’à maintenant, en survolant je dirais : Johaness Heil, Lorn, Jon Hopkins, Technasia, UR, Clark, Burial, Hans Zimmer. En creusant il y en aurait beaucoup d’autres bien sûr. 

Francelectro : Parlons maintenant un peu de ton actualité, quels sont tes futures projets? 
Paul Nazca : J’ai un remix sur le prochain Scandium qui devrait voir le jour d’ici le printemps 2019. Je n’en dis pas plus mais l’artiste signé sur cette sortie est Toulousain. J’ai également un autre remix sur un label étranger qui est lui en attente mais qui je l’espère sortira courant de cette année. J’ai toujours le projet d’album en tête mais j’ai du mal à me projeter. J’aimerais pouvoir le terminer et le sortir sur Scandium. Ca reste encore une option. Sinon mes dernières sorties « Jouvence original & jouvence R. » sur le label Suspected sont toujours disponibles en vinyle et digital. 

Francelectro : Quelles sont tes prochaines dates? 
Paul Nazca : Dans un futur proche, les préparatifs de la prochaine Secrete hivernale qui se fera au Cargo de nuit en Arles le 23 février. 
Du 16 au 23 mars dans le cadre du Frozen festival organisé par le collectif Noise Maker dans la station de ski les Menuires – 3 vallées

Merci Paul pour ton set et ta sympathie.