29 ans !

Ca dégouline dans le cornet

Le jeudi 14 mai 1992 à 20 heures pétantes et en remplacement de l'émission « Super Fuzz Big Muff », le monde entier apprit que « Ça Dégouline Dans Le Cornet » De cette vanne quelque peu graveleuse et sur le titre « Sur les charbons ardents » d’OTH, Loïc Livenais, Christophe Dellis, Christophe Bachelot et Philippe Rabin lancèrent une aventure qui allait non seulement déterminer la culture locale mais aussi changer la phase du paysage radiophonique français. Eh oui chère lectrice et cher lecteur, n’ayons pas peur des grandiloquences surtout en ces circonstances ! Les plus belles histoires commencent toujours dans une totale indifférence et croyez bien que ce sont les minorités agissantes qui influent sur le destin des hommes. Et vous allez comprendre pourquoi à la lecture de mon hommage.
 
 

Depuis 29 ans, « Ça Dégouline Dans Le Cornet » diffuse sur le 101.5 de la bande FM angevine. 29 ans ! Aujourd’hui, j’en fais tout un fromage mais attendez l’an prochain, où 2022 sonnera les 30 ans de bons et loyaux services en destination des musiques alternatives et en particulier du rock sous toutes ses coutures. Ce n’est pas un hasard si le premier titre diffusé par l’émission – au-delà du générique évoqué plus haut et remplacé dès la seconde saison par « Ride » de Mystery Machine – fut « A l’arrière des taxis » de Noir Désir. Noir Déz’ !?! Les « 3 mousquetaires de l’indé » avaient-ils eux aussi de noires espérances ? Impossible ! Mais du cœur à revendre, ça, c’est certain.

29 ans ! 29 ans ! 29 ans ! Et des anecdotes à n’en plus finir. « Ça Dégouline Dans Le Cornet », ce fut l’ultime interview radiophonique des Thugs. Des rencontres magiques avec Les Ludwig Von 88, Les Sheriff, La Phaze, La Ruda, Lofofora, No One Is Innocent. Mais aussi des lives reports depuis le Hellfest ! Et un investissement local sans pareil ! Des soirées organisées au bar Le RockMania (oh mon Dieu, que cela remonte loin) où la bande de joyeux drilles faisaient gagner aux clients des albums, des t-shirts et autres gifts. Il y eut aussi « Les Nuits du Rock » passées aux locaux de répétitions de La Cerclère (« C’est quoi La Cerclère ? » - « Si tu n’es pas Angevin, tu ne peux pas comprendre »), des soirées organisées à la Maison de Quartier du Lac de Maine, au Carré des Arts et j’en passe et des meilleures...

Pas suffisant comme médailles ? C’est quand même déjà pas mal car, oui, c’est dur de rester debout ! C’est dur de rester vivant pendant 29 ans. Des exemples de regrets ? Il paraît que les regrets ne sont bons que pour les enfants. « Ça Dégouline Dans Le Cornet », c’est un record du monde avorté de 13 heures et 50 minutes de « L’émission radiophonique la plus longue du monde » mais qui tint, quand même, 88 heures et 15 minutes (précisément) de temps d’antenne (excusez du peu) entre les 7 et 11 avril 2003. Des échecs peut-être ? Mais ça veut dire quoi un échec ? Ce concert organisé à Jean Villar le même soir où se produisait le John Spencer Blues Explosion et Sloy au Chabada alors que sous l’étiquette « Ça Dégouline Dans Le Cornet » Seven Hate, Yo Pizza Jump, Les Wolfonies, Mush et Abdomens jouaient dans une salle presque vide ? Que les hasards de la vie sont merveilleux ! Ce même soir, un « séide de l’Empire du bien » me refusait l’entrée du Chab’.

Ça commence à en faire pas mal de souvenirs, hein ? Et "The Degouliners" ? Aka « Les Dégoulineurs » pour les intimes ! Le groupe éphémère fondé par les animateurs Fred à la guitare, Mister Pontefract à la batterie (une hérésie ?), Paul à la basse, Jim au saxophone et Philippe au kazou et au chant ! En concert unique, en live et en public, en direct du « T'es Rock Coco » un dimanche soir d’ouverture exceptionnelle à 18h00 pour fêter l’anniversaire des 15 ans de l’émission en compagnie des groupes Data de Bordeaux et Beckfords de Paris (pour l’anecdote toujours) !

Durant son « petite - très grande histoire », - l’émission fut baladée de droite à gauche. Son temps d’antenne fut, au début, d’une 1 heure le jeudi, puis de 1 heure le samedi après-midi, de 1h30 le samedi en fin de journée, 2 heures le samedi soir de 22h00 - 00h00, puis le dimanche de 18h00 à 20h00 pendant de très longues années, puis en semaine alternée le mardi de 22h00 à 00h00 et, enfin, depuis deux ans, de 19h00 à 21h00 en alternance aussi en semaine paire… Si vous n’avez rien compris, relisez le paragraphe ! En tout cas, à raison, allez, de 10 morceaux par heure, veuillez calculer le nombre de titres musicaux diffuser par « Ça Dégouline Dans Le Cornet » en 29 ans d’existence !

Pour leur 29ème anniversaire, les porteurs de « Ça Dégouline Dans Le Cornet » souhaitaient rendre hommage - dire merci - à toutes celles et ceux qui sont montés dans ce bateau chaloupé, chaviré maintes fois mais toujours voguant. Alors, pour l’histoire, sachez que l’aventure rassembla (dans le désordre, évidemment, puisque ce sont des rockeurs) : Loïc Livenais, Christophe Dellis, Christophe Bachelot, Franck Pommier, Ludovic Dechandon, Frédéric Lehoux, Thomas Pontefract, Claire Lassalle, David Tessier, Lucie Noirault, Laurent Chevalier, Jim Geôliers, Matthieu Néron, Simon Quemard, Alexis Landreau, Vincent Lanche, Félix Sourice,…

… Il en manque un dans la liste. Un petit gars qui - pour l’anecdote toujours - fit gagner son estime un dimanche soir de solitude, de tristesse peut-être, car resté seul à la barre du navire. Ce qu’il ne pouvait prévoir (c’est dans sa nature), c’est que beaucoup d’auditeurs appelèrent la radio ce jour-là pour lui témoigner que, oui, son estime valait quelque chose. A mon tour de lui révéler un truc… Durant mon parcours chaotique, bien des situations m’ont prouvé une vérité - et cela m’a toujours fait du bien de la comprendre (merci Jésus). « Ce n’est pas les grandes gueules qui font avancer les choses… »

Plus loin, aussi timide sois-tu, aussi discret soit ta personne, c’est nous tous, animateurs, auditeurs, membres de « Ça Dégouline Dans Le Cornet », de Radio Gribouille, de Radio G ! qui te devons quelque chose. Car, sans toi, rien ne serait arrivé. Nous te devons de l’estime pour ton engagement, des bravos pour ton courage, des hourras pour ton abnégation. Je sais que tu es quelqu’un de cœur ; c’est précieux en ces temps. Tu peux te retourner sereinement sur ton passé l’ami ; ta famille, tes proches, tous, sont, certainement, très fiers de toi. Je n’en doute pas une seconde… Mesdames et Messieurs, je vous demande d’applaudir : Monsieur Philippe Rabin…

Signé Reynald Dal Barco


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